Archives quotidiennes : 29 janvier 2021

France Stratégie: étude sur la polarisation du marché de l’emploi.

Une étude publiée en décembre 2020 par France Stratégie s’interroge sur y a-t-il danvatage d’emplois moins qualifiés ? À en croire les comparaisons internationales, la France serait l’un des pays où la polarisation de l’emploi est la plus marquée. Est-ce réellement le cas ? Y a-t-il de plus en plus de bas salaires et d’emplois peu qualifiés (aides à domicile, serveurs, caissiers) parallèlement à la baisse des emplois moyennement qualifiés (ouvriers qualifiés de l’industrie, employés de bureau…) et l’augmentation des emplois très qualifiés (cadres, professions libérales) ? France Stratégie conclut que la polarisation ne se traduit pas par l’augmentation de l’emploi peu qualifié.

On entend par polarisation de l’emploi le déclin historique de la part des emplois situés au milieu de la distribution des qualifications (employés et ouvriers qualifiés) au profit à la fois des plus qualifiés (cadres et professions intermédiaires) et des moins qualifiés (ouvriers et employés peu qualifiés). L’étude se base sur 2 méthodes pour préciser le diagnostic français : estimation de la polarisation des emplois par la classification sociale des professions, ensuite par la distribution des salaires.

En France, la polarisation du marché du travail ne se traduit pas par une augmentation de la part des emplois peu qualifiés. S’il y a bien une érosion des qualifications médianes au profit des professions de cadres, on ne décèle en France aucune hausse de la part des emplois moins qualifiés : les analyses des instituts statistiques – Insee et Dares – confirment ce constat nuancé pour la France.

Si on se place du côté de la classification sociale des professions, on observe une augmentation massive des emplois liés aux services à la personne (aides à domicile et assistant(e)s maternelles, avant que la crise ne déprime l’emploi des particuliers employeurs). Mis à part ces deux métiers, on ne constate pas d’augmentation des emplois peu qualifiés en France. Même constat, si on se place du côté des salaires,: la part dans l’emploi des plus faibles rémunérations, comme des rémunérations médianes, a diminué́ depuis le milieu des années 1990. Celle des rémunérations élevées ou très élevées a augmenté́, ce qui traduit une montée en qualification.

La différence de diagnostic sur le marché du travail français par rapport aux études académiques serait essentiellement d’ordre méthodologique tenant à des divergences de nomenclatures entre les pays et à des données françaises fondées sur les données administratives (déclarations annuelles de données sociales) qui ne permettent pas d’analyser les évolutions de l’emploi salarié et non salarié sur longue période. 


Pour en savoir plus :https://www.strategie.gouv.fr/espace-presse/polarisation-marche-travail-y-t-davantage-demplois-qualifies

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