Discrimination à l’embauche des personnes d’origine supposée maghrébine : étude Dares, novembre 2021

Quels enseignements retenir de l’étude issue d’une importante opération de testing menée entre décembre 2019 et avril 2021 (avec une interruption entre mars et juin 2020) en collaboration avec ISM Corum et L’institut des politiques publiques ?

L’objectif de l’étude, menée sous l’égide de la Dares, visait à permettre :

*d’une part, de mesurer la discrimination à l’embauche à l’encontre des personnes d’origine supposée maghrébine sur l’ensemble de métiers divers (11 catégories de métiers testées),

*d’autre part, de mettre en évidence d’éventuelles différences selon plusieurs segments de marché du travail et profils des candidats.

La méthode utilisée pour ce testing consiste à créer des candidatures fictives et à les envoyer en réponse à des offres d’emploi réelles; le succès des candidatures est mesuré à partir du taxu de rappel, c’est à dire la proportion de candidatures pour lesquelles les employeurs manifestent un intérêt.

De nombreuses études ont déjà démontré que les Français issus de l’immigration maghrébine se heurtent à des difficultés importantes sur le marché du travail, et ce dès la première étape du recrutement; les résultats récemment collectés sur une grande ampleur le confirment.

A retenir :

*La discrimination à l’embauche selon l’origine supposée reste élevée et un élément majeur du marché du travail en France : elle est observée quelles que soient les caractéristiques des métiers testés.

*En moyenne, à qualité comparable, les candidatures dont l’identité suggère une origine maghrébine ont 31,5 % de chances de moins d’être contactées par les recruteurs que celles portant un prénom et nom d’origine française

*Si les discriminations liées à l’origine supposée sont fortes et persistantes, elles sont plus faibles, sans s’effacer, parmi les salariés les plus qualifiés: les candidats d’origine supposée maghrébine sont relativement moins discriminés parmi les métiers qualifiés : statut cadre avec ou non des fonctions d’encadrement que parmi les métiers peu qualifiés

*Les résultats ne varient pas sensiblement entre les femmes et les hommes : le différentiel de l’écart de taux de rappel entre candidatures féminines et masculines est de faible ampleur et non significatif, quelle que soit la situation familiale des candidats.

Pour en savoir plus : Dares Analyses Novembre 2021 n°67

https://dares.travail-emploi.gouv.fr/publication/discrimination-lembauche-des-personnes-dorigine-supposee-maghrebine-quels-enseignements

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