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Dialogue Social et sortie de crise: point de vue de la CFDT par Laurent BERGER

Visio-conférence organisée le 27 04 20 par l’association DIALOGUES avec Laurent BERGER, secrétaire général de la CFDT : « dialogue social et co-construction feront la différence pour la reprise ». Quelques points marquants de ses propos…

La réussite de la sortie du confinement nécessite de poser de manière concertée les enjeux de la situation et de rechercher les solutions à mettre en place : en ce sens le dialogue social peut faire preuve de son importance et de son utilité.

*Concertation et négociation : dans un contexte aussi complexe, concertation et négociation seront des éléments déterminants pour prendre en compte 3 points essentiels : protection de la santé des salariés, organisation du travail, impacts des aspects psychologiques. L’organisation du travail et les relations sociales doivent être une préoccupation majeure des entreprises pour éviter des tensions sociales exacerbées notamment entre ceux qui ont continué à travailler et ceux qui ont été confinés. Les organisations syndicales pour leur part, doivent aussi assurer l’information des salariés, le conseil et l’accompagnement des acteurs syndicaux.

Rien ne changera si le dialogue social n’est pas intégré à toutes les étapes de la période post crise sanitaire. Entreprises et syndicats doivent d’interroger sur la finalité de l’entreprise, sa place dans l’ensemble de son écosystème en tenant compte de l’émergence des aspirations fortes des salariés en matière de santé, d’organisation du travail et de reconnaissance.

*Dialogue social à plusieurs niveaux : actif dans les entreprises et les branches, le dialogue social a plus de difficultés à se mettre en place au niveau national ; de même l’expression commune des organisations syndicales est faible. Sur le plan national, les syndicats devraient être associés au Comité d’aide aux entreprises ; une démarche est entreprise auprès du gouvernement pour être intégrés au débat. La CFDT est favorable au soutien massif d’aide des entreprises, mais les syndicats doivent avoir un regard sur l’évaluation et la réorientation si nécessaire : l’entreprise ne peut être appréhendée seulement comme la propriété exclusive des dirigeants et actionnaires.

*Aménagement des procédures de consultation : La CFDT n’est pas opposée à la réduction des délais de consultation du CSE si cela concerne les modalités de reprise de l’activité : dans ce cadre la mesure d’adaptation est compréhensible mais pas pour tous les autres sujets.

*Quelques sujets à négocier : les priorités devraient porter sur l’organisation du travail, l’emploi, les horaires…Ces sujets sont à traiter en lien avec la situation économique, le partage de l’information, la réalité de l’entreprise. Les discussions sont possibles sur de nombreux sujets si on se situe dans une logique de co-construction avec un vrai débat mené avec loyauté : raison d’être de l’entreprise, évolution du travail, partage des responsabilités, équilibre entre les positions des acteurs, répartition de la richesse, pratique de la délibération…

Le déconfinement a besoin de sécurisation : d’où l’utilité de négocier un protocole de reprise d’activité car la période fait ressortir des besoins essentiels : unité syndicale, solidarité et responsabilité des acteurs.

*Politique de rémunération : une action différenciée est possible à court terme au bénéfice des personnes restées à leur poste en entreprise avec une reconnaissance salariale. A moyen terme, la reconnaissance professionnelle doit progresser à travers les compétences, la formation, les parcours…pour les métiers à valeur ajoutée sociale y compris pour les fonctionnaires. Idem pour les indépendants qui doivent également être reconnus.

*Revisiter la globalisation : En premier lieu, il s’agit de préciser ce que l’on met derrière l’idée d’un arrêt de la globalisation. Si l’évidence s’impose dans le domaine de la santé, pour les autres secteurs, la régulation des échanges commerciaux internationaux doit être regardée en évitant toute logique ultra protectionniste. Cela suppose d’être transparent sur les enjeux sur la base d’une confiance réciproque.

*Sortie de crise : Sortir de la crise sanitaire crée inévitablement des tensions ; d’où l’importance d’une approche de dialogue et de confiance pour éviter judiciarisation, conflits, grève…le dialogue social doit montrer sa capacité à faire émarger des solutions acceptables. Les organisations syndicales doivent accompagner leurs équipes de terrain dans les démarches de négociation : outre son dispositif interne ARC (accompagnement, ressources, conseil), la CFDT prépare un protocole cadre de reprise d’activité dans une logique de co-construction reposant sur responsabilité, intelligence collective, dialogue, respect, loyauté… dans l’objectif d’éviter les tensions inutiles et d’assurer l’avenir.

 

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« Au boulot ! »: un ouvrage de Laurent BERGER, publié aux éditions l’aube

Avec son livre « Au Boulot ! » Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT veut mettre en débat le thème du travail, trop souvent placé derrière l’enjeu de l’emploi.

Au travers d’un dialogue mené le journaliste Denis Lafay, Laurent Berger recense les conditions d’un travail émancipateur, autonomisant, épanouissant, un travail au service d’organisations privées comme publiques en devoir de performance économique, sociale et humaine.

L’ouvrage questionne par ailleurs la responsabilité du patronat et de l’État, dans la construction d’un dialogue permettant que le travail profite équitablement aux travailleurs et aux entreprises.

Se mettre au boulot est plus que jamais l’opportunité de réenchanter le travail : utopie ou réalité ?

Pour en savoir plus :

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ITV Laurent Berger, Secrétaire général de la CFDT: regards sur l’actualité sociale de la rentrée.

Mardi 25 août, matinale France Inter : quelques éléments d’analyse et de réflexion de Laurent BERGER sur la rentrée sociale…

*Dialogue social : un sujet toujours compliqué entre autoritarisme et dialogue : l’option de la CFDT est clairement pour la confiance et l’intelligence collective. Discuter n’est pas trahir dans un monde mouvant où le dialogue social doit être constamment recherché.

*La défense des droits des salariés : il est nécessaire aujourd’hui de se concentrer sur les droits attachés à la personne et non au statut de salarié : formation, pénibilité, congés, chômage…

*Fiscalité : il faut baisser les impôts indirects qui pèsent très lourds pour les populations à bas revenus ; l’impôt doit être progressif pour que chacun paie selon ses moyens.

*Salaires : Il faut avant tout produire de la richesse pour pouvoir la redistribuer de manière équitable.

*Aménagement du code du travail pour les petites entreprises : le rôle du code du travail est de réguler les relations entre employeur et salarié en raison du caractère déséquilibré du contrat de travail ; la négociation avec les organisations syndicales permet d’adapter les règles au contexte propre de l’entreprise. La récente loi Macron a introduit diverses dispositions applicables aux petites entreprises même si le dispositif est encore perfectible.

*Travail du dimanche : La CFDT ne fait pas partie du collectif contre le travail du dimanche. La récente loi a posé des principes et aujourd’hui la négociation doit prendre le relais pour la mise en œuvre dans le cadre d’accords collectifs. Par ailleurs le gouvernement doit réunir les partenaires sociaux pour revoir les décrets d’application pris en ce domaine. Par exemple le décret sur le tourisme international doit être révisé.

*Apprentissage : l’embauche d’apprentis n’est plus aujourd’hui une question de charges financières mais un problème de volonté des entreprises pour les accueillir. C’est d’autant plus regrettable qu’il s’agit d’une voie très intéressante pour l’emploi des jeunes.

*Temps de travail : l’approche de la CFDT vis-à-vis du temps de travail a toujours été double : travail pour tous, et temps pour soi. Le concept de temps de travail hebdomadaire est aujourd’hui dépassé et il est utile d’aller vers plus de souplesse. Lors de la prochaine conférence sociale, la CFDT défendra le compte social personnel pour développer des approches individuelles dans un cadre collectif défini au regard d’une durée légale du travail.

*Rôle de Pôle Emploi : le développement du numérique est aujourd’hui essentiel pour rapprocher l’offre et la demande d’emploi ; Pôle Emploi doit se concentrer sur l’aide à la recherche d’emploi, à l’accompagnement des chômeurs pour leur permettre d’accéder aux postes disponibles : la mobilisation des personnes en recherche d’emploi est devenue une mission primordiale.

*Contrôle des chômeurs : la voie de la contrainte et de l’exclusion est vouée à l’échec. L’accompagnement doit être privilégié. Le suivi des chômeurs doit avoir pour objet de soutenir, d’inciter à la reprise d’activité ; ce ne doit pas être une logique de sanction. La mise en confiance et la mobilisation des personnes concernées sont déterminantes.

*Migration et bas salaires: Ce n’est pas la migration qui tend à la baisse des salaires mais l’exploitation des salariés. IL ne faut pas rejeter la faute sur les migrants. Le problème de salariés détachés en Europe doit en revanche être ré-abordé. La CFDT sort en septembre un guide pour aider ses militants à traiter ce sujet.

*Représentativité : L’objectif de la CFDT est pour 2017 de devenir la première organisation syndicale de salariés, à l’occasion de la prochaine mesure nationale de la représentativité des syndicats. Ses militants travaillent dès maintenant en ce sens.

 

A suivre d’autres débats à l’occasion de la prochaine Conférence sociale des 19 et 20 octobre 2015.

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